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Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Ven 21 Sep - 11:58
-Jules ?
-Oui ?

Maîîître arpentait toujours la pièce, le nez levé, mais Clochelle s'était plantée devant le mur du fond et observait leur hôte en soulevant le sourcil.

-Ce mur ne va pas rester comme ça, tout gris... si ?

Son interlocuteur avait l'air gêné.

-Hé bien... Si ce n'était que moi...
-Oui ?
-Le type qui a peint le plafond était pas partant pour faire les murs ? renchérit Maîîîître.
-Ben... Pour tout vous dire... Si...
-Tu l'as pas payé ?
-Oh, si ! Il a eu tout ce qu'il voulait... Mais c'était un gros morceau, vous voyez ? Ça n'a pas été facile... Il a dit qu'il voulait se reposer, prendre du temps pour lui... Vous savez comment sont les artistes !

Clochelle se retînt de poser d'autres questions, consciente que le sujet était encore douloureux dans la mémoire de l'homme. Mais celui-ci poursuivait :

-Et pourtant, nous avions de grands projets pour cette partie ! Des couleurs vives... Du bleu peut-être... Un grand portrait du Christ, entièrement nu, les muscles gonflés par la foi... De quoi convertir des hordes de ménagères huguenottes... Et puis...

Il soupira. Maîîîître senti qu'il était temps de recentrer la conversation.

-Il est très bien comme ça, ce mur, en attendant. On pourra projeter des trucs dessus... J'ai quelques idées. Les platines ici, juste en-dessous... On peut ranger les bougies ailleurs ?
-Oui, oui, faites ce que vous voulez, tant que vous ne rayez pas le marbre. Il y a une nappe pour l'autel... Et vous marchez sur du plancher, en ce moment. Pas de risque de se blesser sur les vraies dalles. Quel genre de musique ce sera ?

Maîîître désigna les trois caisses de vinyles qui attendaient patiemment près de la porte.

-De la synthwave surtout, mais il y aura des parties plus classiques. Tu comptes passer ? Si c'est le cas, n'hésite pas à nous dire ce qui te ferait plaisir ! Il faut bien que tu t'amuses aussi.

L'homme eut un petit sourire.

-C'est gentil, mais j'ai beaucoup de travail ces prochains jours, comme vous vous en doutez. Je pensais me retirer dans ma résidence secondaire, de l'autre côté du fleuve... Mais si j'ai un moment, je viendrais voir ce qui se passe ici, n'en doutez pas.

Il sourit d'un air bienveillant, un sourire que les papes apprennent naturellement à faire avec la pratique du pontificat.

-Y a t'il autre chose que je puisse faire pour vous, mes amis ?
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Jeu 27 Sep - 17:20
MaÎîîître bondit hors de la basilique Saint-Pierre suivit du pontife alors que Clochelle continua les préparatifs dans la salle principale.

- Dans dix jours arriveront 35000 des meilleurs escrimeurs de l'Empire, tous personnellement choisit par Charles. Il nous faut vos meilleurs ouvriers pour aménager la place. Quatorze estrades sur lesquelles ferrailleront nos invités. Ces estrades seront disposées équitablement sur les deux arcs opposés d'une lemniscate. En son centre triomphera une gigantesque scène circulaire où des musiciens de divers temps et lieux viendront jouer. Carpentor Brut, Perturbator, TWRP, M.O.O.N., les coups voltigeront au rythme endiablé des percussions, les corps luttant au son des claviers, les projections...

MaÎîîître prit une pause, se ressaisit et observa la place.

- Il faudrait vraiment que vous revoyez la déco après le festival., C'est un peu vide. Une obélisque au centre serait bien non? Il faut diversifier ses références aux anciens vous savez...

Jules acquiesça et commença à louer les mérites des civilisations égyptiennes. Non, il ne savait pas: le travail subséquent de Clochelle n'en sera que facilité. MaÎîîître interrompit.

- Imagine tout le renouveau architectural qui pourra découler du carnaval. 35000 germains aux poches sonnantes, les florins couleront comme le Danube en leurs terres. Les marchandises promotionnelles sont prêtes?

- Moutes vêtements bouffants et crevés aux couleurs améthyste, bleu royal, rose flamboyant, bleu turquoise et bleu mer lointaine. Les teinturiers furent troublés par ces teintes, mais ils suivent les recettes.

- Excellent

Il partit soulagé et heureux. À ces yeux, le festival est une bénédiction pour la prospérité de Rome. Si de nombreuses activités sont prévues dans les rues de Rome, des ateliers de théâtre improvisé, des conférences en histoire, des compétitions de jeu de paume, des défilés interminables un flot continue d'alcool, une immense cornucopia, l'apothéose sera celui une centaine de milliers de corps prit dans une débauche infernales sous les yeux placides des saints fraichement peints. À cette pensée, MaÎîîître sourit. Clochelle le joint et devina ses pensée à son sourire. Elle sourit à son tour et dit,

- La basilique sera merveilleuse pour la scène.

- Il faudra s'assurer que le pape soit présent. C'est une pièce essentielle pour la finale.

- Il sera là, aucun doute. Mais nous avons un changement de dernière minute.

MaÎîîître resta en silence.

- Georges de Frundsberg ne contient plus nos invités. Il a mal géré la nourriture et la boisson pour la route. Nous avons 35000 germains qui arrivent dans 8 jours, affamés de saucisses, assoiffés de bières, et sans un sous.

- Ça va exploser...

Le sourire de MaÎîîître s'agrandit.

- Ça sera génial

- On en parlera encore dans cinq siècles
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Sam 29 Sep - 18:48
"God is a DJ... and he loves you."

Les paroles qui venaient de résonner dans l'air chaud de cette soirée de mai firent sursauter l'homme, mais Clochelle balaya l'air d'un geste vif en direction de la place.

"Ne t'inquiètes pas, c'est juste High-Tek qui teste le son. Tu disais ?"

L'homme qui lui faisait face fourrageait nerveusement dans sa barbe.

"Hum", parvint-il à articuler.

"Caspar, tu étais sensé recruter un service d'ordre pour le festival. Hors, je vois que la liste de noms n’excède pas deux pages (elle secoua le feuillet comme si d'autres mentions pouvaient s'y ajouter par magie). Comment ça se fait ?

-Hé bien... C'est de plus en plus difficile de recruter des jeunes gens pour un tel événement. D'abord, il faut que ce soient de bons catholiques... tu sais comment sont les jeunes de nos jours... et les festivals attirent des gens qui sont avant tout là pour les quatre B. Et puis, il faut le dire, la rémunération n'est pas très alléchante. Alors heu... voilà..."

Clochelle soupira. Les jeunes gens vêtus de couleurs vives seraient reconnaissables de loin, mais ils ne suffiraient pas à faire face à la horde de visiteurs qui se pressait déjà aux portes de Rome. Et il était sans doute trop tard pour contacter les Trouvères d'Or... cela n'allait pas être facile.

Le chef de la garde suisse salua en claquant les talons et s'en fut retrouver ses hommes auxquels il adressa une série de consignes en allemand. Clochelle secouait la tête, consciente qu'un pot de café lui ferait le plus grand bien - mais on était dans la péninsule italienne, et l'idée qu'on pouvait servir le café dans des tasses plus grandes qu'une oreille de l'enfant Jésus n'avait pas encore fait son chemin jusqu'ici. Se faufilant un chemin jusqu'à la basilique, elle se laissa tomber dans le vaste confessionnal rembourré de cuir dans lequel elle avait caché ses réserves de Gatorade. Sans surprise, Maîîîître était assis de l'autre côté des croisillons de bois et dégustait pour sa part une énorme grappe de raisins.

"Tu as l'air soucieuse, fit il remarquer à sa compagne. Mais tu sais, aucun événement de ce genre ne se passe jamais comme prévu. Ce n'est pas possible de tout contrôler, surtout avec autant de monde. Même pour des agents expérimentés tels que nous...
-Je sais bien."

Ils restèrent silencieux un moment.

"Le soir commence à tomber, signala Maîîîître, et j'ai quelque chose à te montrer."

Les deux agents sortirent du bâtiment en se tenant la main. Soudain, une explosion retentit, faisant bondir Clochelle sur les pieds de son compagnon qui la retint de tomber. Levant les yeux au ciel, elle eu un cri de stupeur : de larges corolles enflammées projetaient des lumières roses et bleues sur le ciel qui s'obscurcissait.

"Tu aimes ?" demanda Maîîîître.
"Oui... Des feux d'artifice, c'est exactement ce qui manquait. L'ambiance va être incroyable. Elle rajouta, un ton en-dessous : J'aurais aimé que Léo voit ça. Il serait fier de nous.
-J'en suis sûr."
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Dim 30 Sep - 1:05

Après les feux d'artifice avait débuté l'avant-avant-première du festival. Une petite fête privée avec quelques 500 invités, tous de prestige, il en va sans dire. De la place saint-pierre, le coche personnel du pape, nouveauté en terre italienne, a apporté nos deux protagonistes au Colisée spécialement aménagé pour l'occasion! En mémoire à sa gloire perdue, un plancher temporaire fut installé. Au centre de la scène jouait Tchae Bääst, proéminente disk-jockey qui mixait savamment Beyoncé et d'obscurs rappeuses militantes. Autour, de multiples corps inconnus se rencontrèrent au rythme de l'imposante bass. D'autres invités se rafraichissement à la piscine installée pour l'événement. Autour de la DJ s'affairaient une dizaine d'artistes du feu. Flammes et jongleries ajoutèrent davantage de chaleur à cette soirée.

Plus loin, sur une autre scène se dévêtir de multiples artistes de burlesque. MaÎîîître, Ninja et Joakim Broden avaient inventé un nouveau jeu à boire: un shooter à chaque vêtement enlevé. Le rhum descendit aussi vite que se dénudèrent les extraordinaires Tristan Ginger et Rosie Bourgeoisie. Dans l'ombre, Yolandi attendait le bon moment pour glisser une blatte dans le verre de Lady Gaga.

Clochelle et Simone Simons allumaient la foule sur une troisième scène avec une prestation épique de karaoké. Entourées d'un band professionnel (Jimmy Page, Keith Moon, Les Claypool et James Hetfield), elles se déchaînaient à un point tel que, sous la pression de la foule hystérique, on crut que le plancher allait rompre. Jules, ayant prit pour la première fois de la MDMA, raccourcit sa soutane et dansait avec une sensualité telle qu'il fut invité sur la scène burlesque plus tard dans la soirée.

En fin de soirée, il fut décidé de continuer la fête au palais du Latran. Les lits seraient ainsi à la disposition des plus fatigués. Clochelle, ayant déjà prévu la situation, fit venir une légion de coches, nouveauté en terre italienne!, pour déplacer les invités. Arrivés sur place, un buffet attendait les fêtards affamés. La thématique: l'Italie a à travers les âges. Les meilleurs archiviste du multivers ont concocté de savants mélanges où les différentes sensibilités culinaires historiques s'harmonisaient à merveille. Tomate, verjus, olives, mozzarella, venaison, citrons, gnocchis, pizzas, amandes, parmesan, tartes, tourtes, tous les goûts de l'Italie s'offraient aux papilles des intéressés. MaÎîîître et Clochelle, fidèles à leur tradition, mangeaient en douce une poutine déjeuner fraîche apportée du Charlie multiversel. Ils sombrèrent ensuite dans le lit en prévision de la dernière journée de préparatif pour le festival. La musique et les cris ne les dérangèrent aucunement et tous continuèrent de fêter dans le château papal.

Le réveil fut difficile pour tous. MaÎîîître se tint près d'un des nombreux lits épiscopales où se réveilla lentement Clochelle. Si les rayons auroraux ne suffisaient à l'extirper de sa somnolence, les arômes du grand café droit venu du XXIe siècle lui fit ouvrir les yeux. Elle se redressa, et admira ce qui se présentait à sa vue. Bien que, l'homme qui se tenant torse nu était particulièrement agréable à regarder, c'est bien la tasse comble qui attira toute son attention. Elle gloussa de plaisir à la première gorgée et se délecta du reste de la scène en se remémorant la soirée.

Soudain, un clerc entra dans la chambre. Avec empressement, il tendit une missive à MaÎîîître. Il risqua un regard vers le lit mais dévia, gêné, les yeux lorsqu'il vit les seins nus de Clochelle, se réveillant encore.

- Clochelle

- Oui?

- On doit partir en urgence. Les germains sont arrivés.

- Et alors, qu'on leur envoie quelques jongleurs, du vin et de la nourriture pour patienter. Les portes n'ouvrent pas avant demain, le 7. Georges pourra les retenir un peu, il est bien capable de faire ça au moins.

- Il est malade et il est retourné au pays. Philibert a pris le relais, et tu connais son charisme...

- On peut envoyer Caspar et ses hommes.

- Bonne idée, en espérant qu'il arrive à les contenir pendant qu'on termine les préparatifs
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Jeu 4 Oct - 19:11
Elle les entendit avant même de les voir, et la gravité de la situation lui sauta aux oreilles tout de suite.

"Currywurst, Currywurst, ich liebe dich, Currywurst !"

Le détachement qui scandait ces paroles occupait toute la largeur de la ruelle tandis que des garçons de café s'affairaient à sortir tables et chaises pour les faire asseoir. Les napes à carreaux volaient et les hommes, appatés par la promesse de ripaille, hurlaient à qui mieux-mieux des mots dénués de sens et des chansons à boire. Un groupe de soldats, sans doutes des fameux escrimeurs conviés par Maîîîître, effectuaient des pas chassés entre les tables en se défiant à l'aide de gressini ; derrière eux, de jeunes gens bien en chair se passaient l'huile piquante en faisant des plaisanteries grasses. Le vacarme était épouvantable. Clochelle se tournait de tous côtés pour distribuer des rasades de chianti à qui lui présentait sa chope. Soudain, le silence tomba et les homme fixèrent tous un point par-dessus son épaule. Elle se retourna et resta figée elle aussi.

Remontant la venelle, arc-boutées de chaque côté d'une charette à bras beaucoup trop large, deux matrones s'avançaient, l'air résolu. Mais leur cargaison disparaîssait sous une fumée épaisse et chaude, et ce ne fut qu'au dernier moment que l'on put appercevoir ce qu'elles apportaient : débordant de la carriole, des chaudrons débordant de pâtes menaçaient de verser à tout moment. Une odeur de tomates fraîches et de basilic emplit la rue et les hommes poussèrent des cris de joie tout en venant en aide aux serveuses, soulevant les plats, remplissant les assiettes et célébrant la boustifaille par d'autres chants victorieux. "Bon, ils ont l'air de s'amuser, au moins", pensa Clochelle à voix haute.

"Il en arrive de plus en plus. Nous ne sommes pas assez nombreux." Le jeune garde qui se tenait près d'elle tentait de ne pas céder à la panique. "Ceux-là seront bientôt rassasiés, mais que faire avec les suivants ? Il faut préparer d'autres pasta asciutta et aller chercher encore d'autres bouteilles...
"Occupes-toi de coordoner cela", conseilla Clochelle, "pour ma part je vais veiller à ce qu'on serve des antipasti aux autres pour les faire patienter."

Ce fut un scandale. Tranches d'aubergines, de tomates, de zucchini goûtant l'ail, l'origan le parmesan, les en-cas défilèrent dans les gosiers des lansquenets qui arrosaient chaque bouchée d'une rasade de mauvaise bière ramenée de leur pays dans lesquelles des serveurs débordés rajoutaient quelques gouttes de spritz. L'huile d'olive coulait sur les doigts et dans les moustaches des hommes, et au moins deux s'effondrèrent sur leurs amis en rotant pour la dernière fois. Tout le quartier baignait dans l'euphorie et les vapeurs odorantes, les cris de guerre et les bruits de machoires.

"Amenez la marsala !" commanda Clochelle à un serveur qui passait en trombe devant elle. "D'ici quelques minutes, d'autres plats de pâtes vont s'en venir, et ils pourront dévorer tout à leur aise ; ensuite, ils vont sûrement sombrer dans l'apathie de la phase post-prandiale et ronfler pendant une heure ou deux, ce qui nous laisse le temps de préparer le café.
-J'espère que cela suffira", répondit l'homme derrière elle. Philibert s'était frayé un chemin entre ses hommes et feuilletait distraitement le programme de l'événement. "Les allemands, c'est une chose ; mais il y a aussi d'autres italiens, et ceux-là vont être encore plus exigeants sur la nourriture.
-Nous ferons notre possible. En attendant, nous avons quelques instants de répit. Suis-moi."
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Mer 17 Oct - 22:11
Philibert la suivit jusque dans les catacombes d’une petite église romane. Les quelques tombeaux et alvéoles laissèrent rapidement place à un vaste réseau de tunnels. Jamais il n’eut pensé que les souterrains de Rome puissent être si étendus. Clochelle dirigeait la marche d’un pas assuré. Cette femme, si prompte à s’égarer dans la plus petite des bourgades, n’hésitait pas une seconde devant chaque intersection. Elle connaissait ces tunnels tel un bibliothécaire connait ses rayons.
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent dans une large salle. L’effroi l’envahit aussitôt. Les murs, si l’on pouvait appeler ces surfaces aux milles imperfections, grouillaient de gargouilles et autres atrocités aux visages déformés par le delirium tremens. Squelette et femmes nues formaient une danse macabre comme frappés de la malédiction de Saint-Guy. En guise de pilier central, une gigantesque représentation de Satan. La tête du vilain était constituée de quatre visages, tous plus affreux les uns des autres. Chacun engloutissait un pécheur, dévisagé par la douleur des dents transperçant son impure chair.

- - Philibert, ressaisis-toi!
Mais il ne pouvait pas. Les yeux, qu’on aurait dit humide, du rusé scrutait son âme. Il voyait la luxure de ses fantasmes, l’avarice de sa bourse, la ténacité de sa colère, l’infini de son envie, l’omniprésence de sa paresse, la toute-puissance de son orgueil, l’insatiabilité de sa gourmandise. Il se voyait, nu, saisi par cette main cornue, apporté aux lèvres du démon. Il sentait sa peau se déchirer sous la pression des dents, les sucs gastriques consommer son enveloppe et son âme se dissiper au sein de l’ange déchu.
- - PHILIBERT!
Il reprit conscience.
- - Philibert, j’ai besoin de toi. Réveille-toi.
Il se releva. Il regarda de nouveau la sculpture du vil. Clochelle chercha à le rassurer.
- - Ce n’est qu’une sculpture pour apeurer les malvenus. Dans cette pièce se trouve le matériel nécessaire pour… pour le clou du spectacle. Il fallait tenir les curieux à l’écart. J’ai besoin que toi et dix hommes de confiance transportiez toutes les caisses présentes jusque dans la basilique. Nous étions supposés les transporter ce soir avant l’ouverture des portes mais…
Elle se retint de donner davantage d’informations. Il n’en avait pas de besoin. Certes, l’idéal aurait été de superviser soi-même cette tâche, mais trop restait à faire. Philibert fera l’affaire.
- - Bref, transportez-les, et intacts! Tu vas retrouver ton chemin?
La question toucha son égo bien bourguignon. Le sang bien chaud, il claqua des talons. Il fera le boulot.
- - Et vous Clochelle?
- - Il reste les italiens restent à nourrir et je dois trouver Caspar pour qu’il décore les catacombes. Et MaÎîîître aura besoin de moi pour lancer la compétition d’escrime. 35000 lansquenets, c’est beaucoup, même pour lui. Dommage que Georges ne soit pas venu, ils s’entendent si bien ensemble.
Et elle repartie dans les sombres corridors de la nécropole romaine.
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Jeu 25 Oct - 15:20
"Envoyez... fromage !"

Le bras du trébuchet s'éleva brusquement et la meule de Parmegiano Reggiano fut projetée dans le ciel enflammé en décrivant une courbe parfaite. Le projectile se fracassa au milieu d'une tablée autour de laquelle des germains communiaient avec passion dans la mortadelle. Les fragments éparpillés du fromage volèrent sur plusieurs mètres, arrachant au passage des morceaux d'oreilles trop téméraires. Ils n'eurent pas le temps de constater les dégats qu'une demi-douzaine de balles de Cacciocavallo vieilli et fumé s'abattaient autour d'eux. Poussant des cris, les soldats luthériens couraient se mettre aux abris, qui en arrière des tables renversées, qui sous les porches des maisons romaines. Un homme vacilla et s'écroula en pleine rue, fauché par un pain de mozarella qui explosa et l'aveugla pendant cinq secondes. Malgré leur bravoure, les germains tremblaient : la riposte était massive. Certains d'entre eux avaient sortis leur couteau et inspectaient avec délice les fragments de munitions les plus proches, se partageant ce qui restait de pain. La spécialité romaine, le fameux Pecorino Romano, deferla sur eux avec violence. Sans se démonter, les hommes reprirent leur formation de combat.

"Au bout de ces ruelles nous attend le plus grand Festival Codex de notre temps depuis la prise de Constantinople ! En avant !"

Depuis le haut des murailles, Maîîîître regarda la colonne tracer son chemin au milieu des fromages éventrés. Certes, il ne s'était pas attendu à un tel déferlement de violence ; cependant, ce n'était pas pour lui déplaire. Il porta son verre de Lambrusco à ses lèvres - rien de tel qu'un vin rouge pétillant pour bien commencer la soirée - mais failli s'étouffer à la première gorgée quand une voix rentit derrière lui.

"Police du Multivers ! Plus un geste !"

Il se retourna en essuyant sa barbe trempée d'alcool, affichant tout d'abord la surprise, puis un air blasé.

"Virgil. Vous faites toujours cette blague.
-Je sais bien... Mais ça marche toujours, à ce que je vois !"
L'Archiviste Prime rit aux éclats.
"Content de vous voir, en tout cas", dit Maîîîître en lui donnant l'accolade avec chaleur. "Vous venez d'arriver ?
-Oui, Zamiel insistait pour venir faire un tour, et je n'ai pas su lui dire non. Bon... on se revoit plus tard, je vois que vous avez beaucoup à faire... Bonne énergie à vous !"

Et il s'éloigna prestement, son système ATLAS bourdonnant discrètement sous sa manche brodée. Maîîîître reprit une lampée de vin, puis se remit lui aussi en marche. Le meilleur était encore à venir.

Plus bas, entre les épais murs de sa salle de bain privée, Clément VII - Jules pour les intimes - passait et repassait devant l'immense miroir, un pourpoint aux couleurs éléctriques plaqué sur ses épaules. La femme âgée aux longs cheveux blonds qui se tenait dans l'angle de la porte ainsi que les deux jeunes hommes aux chemises blanches impeccables assis sur le rebord de la baignoire le regardaient avec des hochements de tête admiratifs.

"On est d'accord que ça n'est pas très... papal. Mais ça met si bien tes yeux en valeur !
-Tu as tellement raison, Donnatella ! Il serait charmant là-dedans. Quel dommage que nous ne puissons pas nous permettre d'être aussi...
-Avant-gardistes ? Oui, c'est terrible. Par contre, les croix partout, je ne sais pas si...
-Galliano n'est pas ici, tu ne vas pas commencer !"

Les deux créateurs allaient démarer une scène dont ils étaient coutumiers, mais l'héritière de la maison Versace les fit taire d'un geste de la main.

"Messieurs, c'est le moment d'essayer les chapeaux."
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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

le Sam 27 Oct - 1:51
(Virgil était la, accompagner de l'un des plus grand criminelle que le multivers ai connue, mais cela ne lui fessais rien cars tant qu'il respectait ses attente avec lui et que les lois multiverselle reste intoucher. Pour cela il devait lui proposer une gamme varier de mission demandant ces talents de manipulateur de masse et d'exploiteur du vices. C'étais justement la raison de sa présence ici. Le Jadis Archaique aussi connue sous le nom de Virgil De Verin, Navigateur et Liberateur avais besoin de détruire Rome affin de s'assurer que le futur sois préserver....pour cela Zamiel avais corrompu les Médicis affin de pousser L'insurrection de Florence.)

(Virgil regarda Zamiel)

Virgil: Alors le reste devrais se faire par sois même si tu a bien fais ton travaille...

Zamiel: Tu me prend pour qui, j'ai même prit le soin de donner a Benvenuto Cellini un arquebuse remplie de balles trafiquer digne des meilleurs artefacts offensif...

Virgil: Qui es Benvenuto Cellini?

Zamiel: Bof, un mec que j'ai former sur le coup comme Juge, mais c'est plus un illuminer que d'autre chose...en bref c'est juste un italien...hahaha

Virgil: C'est sa ton plan allons...miser toute tes chance sur un Artista?

Zamiel: Ho, non, je m'amuse c'est tout, quand je vais passer au vrais chose je vais sortir sa....(Il se met a chercher dans son manteau)

(Le détective du chaos avais un long manteau australien de cuir brun, il le portais tout le temps et semblais être arborer de mille poche et cachette, peut de personne ne pouvais ce vanter de les avoir toute explorer cars en prendre connaissance étais comme plonger les pieds devant dans le Maelstrom. Puis après quelque recherche, zamiel sortit une petite fiole noir fermer au bouchon de liège)

Zamiel: Avec sa on va pouvoir régler la mission avec grâce.....

Virgil: Je me doute que c'est quelque chose qui ne devrais pas être en ta possession, mais dit donc c'est quoi, je suis curieux...

Zamiel: Je vais rester soft avec eux, c'est juste la peste!

Virgil: C'est donc a mon tour de jouer, tu m'excusera mais je vais te laisser, jai des obligations a respecter, nous somme tout de même dans un festival codex, je dois répondre a l'appelle de la foule et je ne te cacherez pas que Rome me fais envie depuis un sale temps...tu aura la distraction que tu voulais avec sa mon cher....lâche les enfers quand le moment te semblera opportun...

(Les deux agents du Multivers se sépare, cela fessais du bien a Virgil cars même sil avais former Zamiel, il lui fessais peur et avais du mal a rester trop longtemps avec lui. Mais il avais une mission et il comptais bien la faire...il leva la main et elle se mit a briller d'un violet intense...puis il apparue devant lui un artefacts des plus étrange qui attira l'attention de tout le monde autour de lui..)



(Plusieurs personne se reunirent autour de lui avec des question dans les yeux, mais Virgil ne se laissa pas intimider par la masse....il enclancha quelque bouton, leva quelque levier et un song se mit a penetrer tout les alentour et commença a se placer dans toute les têtes de ceux qui l'entendais...)

https://www.youtube.com/watch?v=nPRXKo4D2S0

Virgil: PEUPLE DE ROME JE VIENT A VOUS....ICI COMMENCE LA FESTIVAL CODEX...LA VRAIS ESSENCE DE LA MUSIQUE, LA QUINTESSENCE DU RYTHME!!!!

(Sur c'est mot Virgil prit d'une main sa chemise et la déchira de sur son corps pour laisser montrer sur sont torse la scarification du codex Multivers)

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Re: Le Festival Codex de 1527 à Rome

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